Jeunesse

Sa famille ayant déménagé à Mailly-le-Château, Élise y fait sa première communion sous la conduite du Père Léon POITOUT, ancien missionnaire de Chine. Élise fut très heureuse de ce prêtre. Elle dira plus tard à son nouveau curé, l'abbé André GÉNÉRAT :

« Le Seigneur m’a fait cette grâce d’avoir été formée, guidée pendant toute mon enfance et ma jeunesse par deux prêtres, différents certes, mais tous deux si ardemment si profondément prêtres… J’ai dû emmagasiner des grâces pour toute ma vie, et le Saint Esprit est là pour m’aider à les rafraîchir… »

Élise adolescente devant la maison à Mailly-le-Château

En même temps qu'elle grandissait Élise acquit une rare capacité à s'exprimer. Les poésies qu'elle commence à composer dès l'âge de 13 ans en sont la preuve. Elles montrent la conception la plus marquante qu'Élise a du monde : la nature est le signe visible de son Créateur ; elle nous emmène donc à Le reconnaître et à L'aimer.

« Avril, c’est dans le ciel une clarté sereine,
Dans les bois, le chant du coucou,
La fraîcheur d’un talus où la pervenche est reine ;
C’est la joie éclatant partout !

Il accroche aux buissons des guirlandes neigeuses :
Aux rameaux noirs des cerisiers
Il met de blancs manchons de corolles soyeuses
Qui les recouvrent tout entiers.

L’air est plein de parfums ; tout luit, tout vibre et chante
Tout est plus frais, tout est nouveau.
On voudrait pouvoir fuir dans la clarté riante,
Prendre l’essor comme un oiseau.

D’un chaume piqueté de fraîches violettes
L’alouette monte en chantant.
Et mon âme se sent la sœur des alouettes
Et monte à Dieu, en même temps. »

Début de la poésie « Avril » de 1938
Élise a 13 ans